Le guide
Ce qui se passe quand conduire fait peur
Longtemps, vous avez conduit sans y penser. Puis quelque chose a changé : des mois sans prendre le volant, une frayeur sur la route, ou une appréhension venue peu à peu, sans raison claire. Désormais, l’idée d’un trajet suffit à faire monter la tension. Au volant, les mains serrent, les épaules remontent, le cœur accélère, et l’attention essaie de tout surveiller à la fois.
Certaines situations pèsent plus que d’autres : s’insérer sur une voie rapide, l’autoroute, un rond-point chargé, la nuit, un long trajet, quelqu’un qui roule juste derrière vous. La peur peut aussi donner l’impression d’être pris au piège une fois parti.
Alors on évite l’autoroute, on laisse le volant à quelqu’un d’autre, on renonce à un trajet. Éviter soulage sur le moment, mais le corps n’apprend jamais que ces situations peuvent se traverser, et la peur garde sa place, parfois jusqu’à ne plus conduire du tout. Quand elle devient envahissante, on parle parfois d’amaxophobie.
Ce qui aide
Face aux peurs précises, l’approche la mieux étayée est l’exposition : s’approcher de ce qui fait peur, par étapes, plutôt que de l’éviter. Sur 33 essais randomisés, elle a eu de grands effets par rapport à l’absence d’accompagnement, quel que soit le type de peur (Wolitzky-Taylor et al., 2008). Sur la route, cela veut dire reprendre progressivement : des trajets courts et connus, aux heures calmes, éventuellement accompagné, puis élargir peu à peu.
Beaucoup de personnes refusent ou interrompent une exposition en situation réelle, et les chercheurs appellent des approches plus faciles à accepter (Choy et al., 2007). S’approcher d’abord de la route en imagination, chez soi, est une première marche : elle ne remplace pas la route, elle prépare à la retrouver.
La peur n’a pas besoin de disparaître pour que l’exercice compte. S’exposer construit un nouvel apprentissage de sécurité, qui s’ajoute à l’ancienne peur, et la baisse de la peur pendant l’exercice ne prédit pas, à elle seule, le résultat à distance (Craske et al., 2014). Chaque étape se choisit donc selon vos possibilités et la sécurité du moment, et elle compte même si l’inconfort n’a pas encore baissé.
Enfin, l’intensité d’une sensation ne mesure pas, à elle seule, le danger : quand la situation est sûre, un cœur qui bat vite signale surtout que le corps est en alerte. Mettre des mots simples sur ce que l’on ressent peut aussi aider : chez 88 personnes qui avaient peur des araignées, nommer sa peur pendant l’exposition a davantage réduit la réaction physique une semaine plus tard que se distraire ou chercher à penser autrement (Kircanski et al., 2012).
Quand en parler à un professionnel
Si la peur de conduire vous empêche de vous déplacer comme vous en avez besoin, de travailler ou de vivre normalement, ou si elle est née d’un accident ou d’un autre événement traumatisant, elle se travaille avec un médecin ou un psychologue formé aux approches cognitives et comportementales (TCC). Des crises de panique qui reviennent, au volant ou ailleurs, justifient aussi un avis médical.
Comment les séances Onde s’y prennent
Les séances réunissent la voix et le rythme de l’hypnose, l’exposition graduée en imagination et des mots calmes posés sur ce que vous ressentez. Reprendre le volant est l’entraînement de fond : vous reprenez la route en pensée, par étapes, jusqu’au trajet que vous redoutez le plus. Avant de prendre la route, plus courte, prépare le trajet du jour et se termine par un réveil tonique.
Aucune séance ne s’écoute en conduisant, ni dans une voiture, même garée : elles s’écoutent chez vous, à votre rythme. Au volant, vous gardez seulement un geste simple, pensé pour la conduite, qui se fait les yeux sur la route.
Si c’est surtout l’examen du permis qui vous tend, le programme Permis de conduire, dans le thème Concentration, est écrit pour lui.
Rédaction Onde · mis à jour le 23 octobre 2026