Comprendre une habitude
Une habitude est un geste qui s’est attaché à un moment. À force d’être répété dans le même contexte, il finit par se déclencher tout seul : la main qui monte vers la bouche pendant un film, les doigts qui cherchent une mèche en lisant, le téléphone qu’on attrape en attendant. C’est une économie d’effort précieuse, tant que le geste nous sert.
Quand il ne nous sert plus, la volonté seule s’épuise vite. Le geste part avant la décision, souvent quand l’attention est ailleurs : la concentration, l’attente, la fatigue, une petite tension. On s’en aperçoit quand c’est déjà fait, et les reproches qui suivent ajoutent de la tension sans rien changer. Un automatisme n’est pas un défaut de caractère : il se repère, et il se remplace.
Ce qui aide, d’après la recherche
Pour les gestes répétitifs, comme se ronger les ongles, l’approche qui a le plus d’appuis est l’inversion d’habitude. Sur 18 études, elle a eu un effet de grande ampleur par rapport aux conditions de comparaison (Bate et al., 2011). Elle repose sur deux piliers : apprendre à repérer le geste dès son tout premier mouvement, avant qu’il n’aboutisse, puis offrir aux mains un geste calme et discret qui prend sa place.
Le geste de remplacement peut aussi prendre la forme d’un détour : réorganiser le mouvement de la main pour l’emmener ailleurs, plutôt que de le bloquer. Chez des personnes qui se rongeaient beaucoup les ongles, cette technique pratiquée seul pendant quatre semaines a davantage aidé à résister à l’envie qu’un exercice de relaxation (Moritz et al., 2011).
Installer un geste nouveau demande, lui, de la régularité plus que de la perfection. Chez des volontaires qui répétaient chaque jour un nouveau geste au même moment, il a fallu de 18 à 254 jours selon les personnes, 66 en médiane, pour qu’il devienne presque automatique, et un jour manqué n’a pas freiné l’habitude (Lally et al., 2010). Décider à l’avance ce que l’on fera dans une situation précise, sous la forme « si…, alors… », aide aussi à passer à l’action (Gollwitzer et Sheeran, 2006).
C’est ce que réunissent les séances Onde : la voix et le rythme de l’hypnose, le repérage du geste, le geste de remplacement et des plans préparés à l’avance.
Comment choisir sa séance
Partez de la situation qui vous ressemble. Le thème commence par les gestes des mains, se ronger les ongles ou toucher, gratter et tirer ses cheveux et sa peau, et par l’installation d’une nouvelle habitude, qui aide aussi à occuper la place laissée par un ancien geste. Chaque guide explique ce qui se passe, ce qui aide et comment les séances s’y prennent.
Les séances s’écoutent au calme, assis ou allongé, et gagnent à être répétées. L’essentiel se joue ensuite au quotidien, au moment où la main part : c’est là que le repérage et le geste de remplacement se pratiquent.
Si le geste revient surtout avec la tension ou la fatigue, les séances du thème Stress et lâcher-prise peuvent compléter ce travail. Si l’habitude à changer est la cigarette, le thème Arrêter de fumer lui est consacré.
Ce qu’Onde ne fait pas
Les séances Onde sont des outils de bien-être. Elles ne remplacent ni un avis médical, ni un traitement, ni un suivi psychologique. Si un geste répété abîme votre peau, vos ongles ou vos cheveux de façon importante, ou s’il vous fait souffrir, parlez-en à un médecin ou à un psychologue formé aux approches cognitives et comportementales (TCC).
Elles ne promettent aucun délai et ne comptent pas sur la culpabilité. Elles ne cherchent pas l’origine de votre habitude dans votre passé. En cas de trouble psychiatrique sévère, d’antécédent de psychose ou d’épilepsie, demandez un avis médical avant d’écouter. N’écoutez jamais en conduisant ou en utilisant une machine, et interrompez l’écoute en cas de malaise.
Ce qu’elles proposent, c’est un entraînement : repérer le geste, lui offrir une autre issue, et recommencer sans vous juger, à votre rythme.