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Peur des prises de sang et des piqûres : que faire quand la tête tourne ?

« Je sais que ça ne dure pas, mais dès que je vois l’aiguille, j’ai la tête qui tourne. »

La peur des piqûres touche les prises de sang, les vaccins et les perfusions, et chez certaines personnes elle s’accompagne d’une tête qui tourne, voire d’un malaise. Pour cette peur-là, la technique la mieux étudiée n’est pas la détente mais la tension appliquée : contracter fermement les grands muscles quelques secondes, puis revenir à un tonus normal. Prévenez l’équipe et demandez à être allongé. Les séances Onde vous y entraînent chez vous, avant le rendez-vous.

Mis à jour le 22 octobre 2026

Les séances pour cette situation

Aussi dans le programme Apprivoiser les soins.

Le guide

Ce qui se passe face à une aiguille

Une prise de sang, un vaccin, une perfusion : pour beaucoup de personnes, l’aiguille est le moment le plus redouté du rendez-vous. Certaines y pensent des jours avant, évitent de regarder, retiennent leur souffle. D’autres ont la tête qui tourne, des sueurs froides, la vue qui se brouille, et parfois font un malaise.

Ce malaise a une explication. Face au sang ou aux aiguilles, le corps réagit parfois en deux temps : une courte accélération, puis une baisse soudaine de la tension et du rythme du cœur. C’est une réaction du corps bien connue, qui n’a rien d’une faiblesse ni d’un manque de volonté. Et le souvenir d’un malaise passé suffit souvent à entretenir la peur du suivant.

Ce qui aide

Pour cette peur-là, la technique la mieux étudiée est la tension appliquée. Elle consiste à contracter fermement les grands muscles des bras, du ventre et des jambes pendant quelques secondes, puis à relâcher pour revenir à un tonus normal, sans vous laisser aller complètement, et à recommencer. Ce geste aide le corps à garder une tension plus stable. Associée à l’approche progressive de ce qui fait peur, elle a fait mieux que la relaxation sur les malaises (Ayala et al., 2009). Une zone du corps douloureuse ou fragile se contracte avec ménagement.

C’est pourquoi la détente profonde n’est pas conseillée ici. Chez les personnes sujettes au malaise, le risque vient d’une baisse de la tension : se laisser aller complètement n’aide pas à la compenser, et la relaxation a fait moins bien que la tension appliquée sur les malaises. Respirer calmement reste utile ; chercher à devenir tout mou, non.

Quelques gestes simples, le jour venu :

  • prévenez l’équipe dès votre arrivée que vous avez peur des piqûres et que la tête vous tourne parfois ;
  • demandez à être allongé, et à rester un moment allongé après ;
  • regardez ailleurs si cela vous aide, ou demandez qu’on vous prévienne juste avant ;
  • si vous sentez la tête tourner, dites-le tout de suite.

S’approcher de la piqûre en imagination, pas à pas, aide aussi : chez les personnes qui ont très peur des aiguilles, s’exposer progressivement à ce qui fait peur a réduit la peur (McMurtry et al., 2015).

Quand en parler à un professionnel

Si la peur des aiguilles vous fait renoncer à des examens ou à des vaccins utiles, ou si elle date d’une piqûre qui s’est mal passée, un psychologue formé aux approches cognitives et comportementales (TCC) ou votre médecin peut vous accompagner : la tension appliquée fait partie de leurs outils.

Comment les séances Onde s’y prennent

Les séances consacrées aux piqûres s’écoutent chez vous, dans les jours qui précèdent le rendez-vous. Elles réunissent la voix de l’hypnose, la tension appliquée et une approche progressive de la prise de sang en imagination, à votre rythme. Elles ne vous demandent jamais de vous détendre profondément.

Vous apprenez le geste de tension pour l’avoir prêt le jour venu, sans écouteurs. Vous pouvez ouvrir les yeux ou arrêter l’écoute à tout moment, et l’équipe qui vous accueille reste votre meilleure alliée.

Rédaction Onde · mis à jour le 22 octobre 2026

Ce que dit la recherche

Revue systématique11 essais

Dans une revue de 11 essais consacrée aux personnes qui ont très peur des aiguilles, un essai auprès de 20 adultes qui avaient très peur du sang a comparé la tension appliquée à l’exposition seule : la tension appliquée a réduit les malaises, juste après et encore un an plus tard. Les séances vous apprennent ce geste pour l’avoir prêt le jour venu.

McMurtry et al., 2015, The Clinical Journal of Pain

Revue de la littérature5 études contrôlées

Face à la peur du sang, des injections et des blessures, une revue de cinq études contrôlées montre que la tension appliquée, qui associe la contraction des muscles à l’approche de ce qui fait peur, a fait mieux que les autres approches, relaxation comprise, sur l’anxiété, l’évitement et les malaises pendant l’exposition. C’est pourquoi les séances de ce thème ne cherchent pas ici la détente profonde.

Ayala et al., 2009, Journal of Psychiatric Research

Étude expérimentale88 participants

Chez 88 personnes qui avaient peur des araignées, nommer sa peur pendant l’exposition a davantage réduit la réaction physique une semaine plus tard que se distraire. Face à l’aiguille, dire calmement ce que vous ressentez aide à rester présent au lieu de fuir la sensation.

Kircanski et al., 2012, Psychological Science

Chaque étude renvoie à sa publication. Comment nous choisissons nos sources

Questions fréquentes

Pourquoi certaines personnes font-elles un malaise à la vue d’une aiguille ?

Face au sang ou aux aiguilles, le corps réagit parfois de façon particulière : après une courte accélération, la tension et le rythme du cœur peuvent baisser d’un coup, ce qui fait tourner la tête et peut aller jusqu’au malaise. Ce n’est ni une faiblesse ni un manque de volonté, et cela se prépare.

Pourquoi ne pas simplement se détendre ?

Parce que, chez les personnes sujettes au malaise, le risque vient d’une baisse de la tension, et se détendre profondément n’aide pas à la compenser. La tension appliquée fait l’inverse : en contractant les grands muscles, vous aidez le corps à garder une tension stable, et dans les études elle a fait mieux que la relaxation sur les malaises. Vous pouvez respirer calmement, mais sans chercher à devenir tout mou.

Que dire à l’équipe le jour de la prise de sang ?

Dites dès votre arrivée que vous avez peur des piqûres et que la tête vous tourne parfois. Demandez à être allongé : c’est une demande courante, et l’équipe a l’habitude. Vous pouvez aussi demander à ne pas regarder, ou qu’on vous prévienne juste avant.

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